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Vins minuscules

Article publié dans le n°1158 (01 oct. 2016) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

Loin des ivresses libératrices et des nectars aux vertus propédeutiques, il y a un vin râpeux où l’on jette sa fatigue avec sa propre peau. Un vin de pauvres, de taiseux, de travailleurs harassés. Avec Rats taupiers, Christophe Sanchez signe un « portrait de père » sombre et émouvant. Interrogeant discrètement ce rendez-vous paternel manqué, comme son propre rapport à la perte et au souvenir, l’auteur restitue par fragments (tous titrés), dans une écriture qui allie prose poétique et récit brut, la figure d’un homme rivé au labeur, à la fatigue et à l’alcool. Un homme « qui est passé sans se voir ». Et sans le voir.

Il y aurait probablement une anthologie à réaliser à partir de ce que la figure du père, comme celle de sa perte, a pu laisser de traces dans la littérature. Une expérience aussi commune que radicalement singulière, partagée et impartageable, qui se décline jusque dans ses cases vides (on pense au Premier Hommede Camus, l’un de ses plus beaux textes, consacré à ce père mort à vingt ans, qu’il n’avait jamais connu et portait en lui comme un enfant mort). Pères présents, absents, aimants, tyranniques, fragiles, dissous, pleutres ou exemplaires – quels que soient les espaces configur...

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