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Une insoutenable insignifiance

Sur la petite terrasse de son pigeonnier au trentième et dernier étage d’une tour qui lui permettait, par vent d’est, en se penchant un peu, de franchir du regard la barrière bretonne et de guetter les aiguilles du Hradschin, Milan Kundera ne se résignait pas à jeter toutes les bouteilles de Byrrh qu’il avait vidées, en couple solitaire, avec Vera, sa belle Pepiku. Il barbouillait sur chacune d’elles des visages grotesques, clowns, monstres ou gnomes, et ces figures drolatiques, par le génie de l’artiste, se transformaient en autant d’atlantes et de cariatides soutenant les planches de bois où reposaient livres et partitions : telle était la bibliothèque de Kundera dans les quatre murs de son exil.
Milan Kundera
La fête de l'insignifiance

Vraiment était-il sérieux, cet homme du rire et de l’oubli ? Il était venu chez nous – ô saisons, ô Château – et fut le premier, devant notre onction à tourner gravement les pages de La Métamorphose, à nous apprendre que Kafka était un auteur comique. « N’aie pas peur, maman, s’écrie le fils transformé en ce cafard immonde qui fait s’évanouir sa génitrice, je suis là ! » Vrai, Kundera avait raison sur toute la ligne, raison de s’en prendre, d’emblée, à notre esprit de sérieux que rien, pas même Mai 68, n’avait pu dérider. Lui avait connu cette même an...

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