"Un chant ensorcelant qui meurt dans la mer"

Article publié dans le n°1078 (16 févr. 2013) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

La trilogie du « gamin » orphelin et sans nom, recueilli par une « femme libre » dans un gros bourg de pêche, quelque part au nord-ouest de l’Islande, ce troisième et dernier tome en clôt l’aventure mouvementée sur une fin ouverte, qui peut-être coïncide avec sa mort prématurée. À moins que, tout juste arraché, encore une fois, à la mer par une jeune fille aimante, une des seules créatures de ce pays extrême qui, vers la fin du XIXe siècle, époque de l’action, aient appris à nager, il ne doive survivre avec elle au creux de la grotte marine dont le jusant n’atteindra pas le fond.
Jon Kalman Stefansson
Le cœur de l'homme

D’ailleurs, cette rousse aux yeux verts n’est-elle pas une ondine, et toute cette histoire/retable en trois volets un rêve shakespearien plein de bruit et de fureur, déguisé en récit apparemment réaliste, alors que des passages en italique le ponctuent, où la voix grelottante des morts prend la parole, affirmant que c’est elle la conteuse qui, de bout en bout, a porté au jour les mots que nous lisons, à seule fin de ressusciter un monde défunt et d’empêcher, en le réitérant, qu’il ne disparaisse corps et biens ?


Telle est l’ambiguïté, grandiose, de ce chef-d’œuvre, coup de t...

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