A lire aussi

Sur quelques absurdités quotidiennes dans les sciences sociales

7. Objectivité  Parmi tous les dégâts – déjà évoqués – produits par la notion d’objectivité, l’un des plus importants naît de la mise en place du binari...

7. Objectivité 

Parmi tous les dégâts – déjà évoqués – produits par la notion d’objectivité, l’un des plus importants naît de la mise en place du binarisme avec la subjectivité. Il n’est pas nécessaire de revenir sur le danger de tous pour pouvoir se centrer sur celui-là.

En premier lieu, outre le fait d’englober tous les cas par un classement grossier, tout binarisme pose généralement les termes de manière inégale puisque l’un sert à disqualifier l’autre, ainsi la dénonciation implicite de la « subjectivité ».

En deuxième lieu, tout binarisme pose un point de vue extérieur aux termes opposés. Il sert à donner la prééminence à l’unique et omniscient « point de vue divin » (Hilary Putnam), contre les vues locales, divergentes, la diversité des langages.

En troisième lieu, l’objectivité affirme la nécessité d’une certaine distance : plus les informations seraient rares et éloignées des témoins et des acteurs, meilleures elles seraient. Or la discipline historique s’est justement construite depuis la Renaissance sur la hiérarchisation des sources, principalement entre celles de première main et celles de seconde main, celles issues des acteurs et des témoins l’emportant sur celles des commentateurs (voir Marc Bloch,Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien,Armand Colin, [1949], 1994).

Contre tout binarisme, nous ne pouvons que refuser tout schéma imposé a priori,hors des propos des acteurs et des témoins.

À SUIVRE...

Bernard Traimond

Vous aimerez aussi