Sur quelques absurdités quotidiennes dans les sciences sociales

6. Les faits (suite)  Et pourtant Bruno Latour parle defaits.Mais, selon son habitude, il donne à ce mot un sens particulier. Selon lui, loin d’être immédiateme...

6. Les faits (suite) 

Et pourtant Bruno Latour parle defaits.Mais, selon son habitude, il donne à ce mot un sens particulier. Selon lui, loin d’être immédiatement accessible, lefaitse construit par des débats, des discussions, des polémiques, qui conduisent à un accord accepté par la communauté scientifique (voir Bruno Latour,La Science en action, Gallimard, coll. « Folio Essais », 1995). Tous acceptent enfin la validité d’une information qui devient alors ce que Latour appelle un fait.

Il serait possible de l’appeler aussi une « information sérieuse », au sens de Dreyfus et Rabinow : « N’importe quel acte de discours peut être sérieux à condition qu’on convoque les procédures de validation nécessaire, la communauté des experts, etc. » (Hubert Dreyfus et Paul Rabinow, Michel Foucault. Un parcours philosophique, Gallimard, 1984.) Cela pourrait aussi s’appeler, à la suite de Kuhn, la « science normale » (Thomas S. Kuhn,La Structure des révolutions scientifiques, Flammarion, coll. « Champs », 1983).

Les faits deviennent ainsi des informations prouvées car critiquées. Encore faut-il le montrer.

À suivre…

Bernard Traimond

Vous aimerez aussi