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5. Les faits

Dans le monde médiatique, dire s’appuyer sur des faits constitue l’alpha et l’oméga de la vérité. Le seul problème est que les faits ne nous sautent pas à la gorge. Ils n’accèdent à notre connaissance que par la médiation d’informations qui, tôt ou tard, passent par le langage. En conséquence, la « transformation » des pratiques en discours partagé ou partageable, ce saut périlleux que constitue la « verbalisation », ne peut se faire que par un minimum d’examen critique.

Ces évidences sont généralement occultées ou oubliées, pour des raisons pratiques – faire simple – ou institutionnelles – accéder immédiatement à la « réalité ». Elles me semblent pourtant indispensables à l’expression de tout discours « sérieux ».

Comme d’habitude, toutes sortes d’appareillages ont été mis en place pour échapper à ces exigences et l’un d’eux fut appelé par Sorokin la « quantophrénie », la manie de quantifier : « les chiffres le disent », entend-on, comme s’ils n’avaient pas été fabriqués au goût de leur auteur (voir Pitirim Sorokin, Tendances et déboires de la sociologie américaine, Aubier, 1959).

Les faits n’existent pas, il n’y a que des informations, discutables. L’antique critique historique permet de les hiérarchiser et de les inclure dans une chronologie pour aller des plus vraisemblables aux plus discutables.

À suivre…

Bernard Traimond

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