« Reprendre son bien à la religion »

Quelques mois à peine avant sa disparition, le 1er juillet dernier, Yves Bonnefoy publiait encore trois nouveaux ouvrages. En janvier, ce fut tout d’abord La Poésie et la Gnose, un bref et lumineux essai consacré à une très ancienne préoccupation, déjà bien illustrée dans L’Arrière-Pays1, en 1972. Puis, au début du mois de mai, paraissaient, comme main dans la main, Ensemble encore, un recueil de poèmes d’une bouleversante beauté, et L’Écharpe rouge, le récit non moins poignant d’une sorte d’auto-analyse où la « remémoration de [s]a venue à la poésie » et à sa propre « pensée de la parole » conduit Yves Bonnefoy à se souvenir du silence d’Élie et d’Hélène, ses parents.
Yves Bonnefoy
La poésie et la gnose (Galilée)
Yves Bonnefoy
Ensemble encore : suivi de Perambulans in noctem (Mercure de France)
Yves Bonnefoy
L'écharpe rouge : suivi de Deux scènes et notes conjointes (Mercure de France)

Or, nul doute que ce grand poète, qui se savait alors parvenu au soir de sa vie, n’ait eu, en tous ces textes pourtant si pleins de son passé, le souci de nos matins. Nul doute qu’accueillant la nuit qui commençait à tomber, il n’ait cependant choisi de continuer à lui opposer la lumière du feu et de l’été, pour mieux nous la confier : 


« Mes amis, mes aimées,
Je vous lègue les dons que vous me fîtes,
Cette terre proche du ciel, unie à lui
Par ces mains innombrables, l’horizon.
Je vous lègue le feu que nous regardions

La lecture des articles est réservée à la souscription d‘un abonnement spécifique
La lecture de cet article est soumise à la souscription d'un abonnement. Si vous possédez un abonnement, merci de vous connecter ci-dessous. Si vous souhaitez vous abonner, nous vous remercions d'utiliser un ordinateur plutôt qu'un téléphone ou une tablette

Vous êtes abonné(e)

Identifiez vous

Pas encore abonné(e) ?

Abonnez vous

Choisissez votre formule d'abonnement et accédez à La Quinzaine