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Paul Léautaud, diariste amoureux

Paul Léautaud occupe une place singulière dans la littérature française. Impossible de rendre compte d’un de ses ouvrages, quel qu’il soit, en faisant abstraction du lien exceptionnel qui se tisse avec ses lecteurs. Philippe Delerm a fort bien mis en lumière ce rapport original dans sa préface à la Correspondance : « On n’éprouve pas tel ou tel sentiment à l’égard de Léautaud. On devient Léautaud. C’est pour ça qu’on le lit. » De sorte que le charme indéfinissable qui se dégage de son style (je le comparerais volontiers à celui du Stendhal des écrits autobiographiques dont il raffolait) a comme contrepartie les sautes d’humeur qui l’affligent, nous entraînant irrésistiblement dans « la jouissance déchirante du chagrin ».
Paul Léautaud
Journal particulier 1936

Quelle est la cause de ce chagrin ? Il a nom Marie Dormoy. Elle est la protagoniste de ce Journal particulier, tenu par Léautaud en même temps qu’il noircissait chaque soir les pages du monumental Journal littéraire, sans équivalent dans nos lettres et dont elle s’institue la copiste opiniâtre. Après les volumes consacrés aux années 1933 et 1935, voici celui de 1936. On connaît la principale ambition de Marie Dormoy, qui va atteindre l’âge de cinquante ans : acquérir, pour le compte de la bibliothèque Jacques Doucet, où elle travaille, le manuscrit de l’opus majeur de s...

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