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« On a tous besoin de clarté »

Article publié dans le n°1199 (01 sept. 2018) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

Entre ces deux romans d’Antoine Wauters, un dénominateur commun : qu’il s’agisse de la ville dévastée et privée de ses lumières ou d’une campagne dont la paysannerie périclite au bord de la révolte, les êtres en mal d’amour et en quête d’absolu y survivent tant bien que mal, aux prises avec des pouvoirs lointains, inaccessibles et féroces. Comment, dans ces états de contraintes et de dépendances multiformes, vivre et trouver son propre espace de liberté ?
Antoine Wauters
Moi, Marthe et les autres (Verdier)
Antoine Wauters
Pense aux pierres sous tes pas (Verdier)

Dès les premières pages, j’ai été saisie par une sensation d’insolite. Un ton clair, tranché, semé de noms de lieux, de marques, de patronymes connus même, mangés de l’intérieur ou pas finis. Ces noms propres qui habitent notre espace commun et y circulent à l’aise se trouvaient soudain entamés, minés, comme si, dans ce monde hypersensible et saccagé, un ravage s’était produit, qui les avait définitivement rongés.


À la première lecture, cette déformation produisait un effet comique, mais j’ai perçu d’emblée, par capillarité peut-être, que ce comique-là était le masque d’un tragiq...

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