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Littérature suisse romande. Silences d’exils

Habituellement, la misère est invisible en Suisse. Mais au début du mois de mai de cette année, la crise du coronavirus a précipité dans la rue des milliers de personnes. À Genève comme dans d’autres villes, de longues queues de plusieurs centaines de mètres, se sont formées pour permettre d’obtenir un sac contenant des produits de première nécessité : du riz, des pâtes, de la sauce tomate, une boîte de thon, parfois un paquet de biscuits ou un fruit. Rappelant ainsi aux Suisses ces trop nombreuses personnes qui vivent en marge de la société : les sans-papiers, les travailleurs sans statut, les requérants d’asile, et tous ceux et celles dont le salaire n’a plus été versé depuis le début du confinement. Ils étaient là, dans une longue colonne silencieuse, à attendre sans un mot la distribution d’un peu de nourriture.

Comment briser ce silence ? Comment faire pour que ceux qui ont dû apprendre à se taire, souvent dans la douleur, osent à nouveau prendre la parole ? « La langue est affaire d’autorisation », note Marina Skalova, qui a elle-même fait l’expérience de ces Silences d’exils dont elle a tiré un livre saisissant paru à Lausanne aux Éditions d’en bas. Née à Moscou, émigrée en France puis en Allemagne avant de s’installer à Genève où elle travaille comme traductrice et écrivaine, Skalova a animé de 2016 à 2019, avec la photographe Nadège Abadie, des ateliers d’écriture et de ph...

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