Le sang : peurs et fantasmes

L’imaginaire collectif contemporain perçoit l’Antiquité comme sanguinaire, que ce soit sur scène, dans l’arène, sur le champ de bataille ou dans les sanctuaires. Le sang – « pharmakon » chez les Grecs, à savoir panacée et poison – véhicule la notion de corruption dans la mesure où il est « échauffant ». Ainsi considéré, porteur de souillure ou de lumière, il pervertit ou soigne. Ambivalent, impur et vital, mortifère et magique, le sang est le dépositaire de tous les fantasmes et de toutes les peurs de l’Antiquité. Oscillant entre fascination et répulsion, il continue à susciter un vif intérêt dans la recherche d’aujourd’hui.
Lydie Bodiou
Véronique Mehl
Rouge sang. Crimes et sentiments en Grèce et à Rome

Augmenté d’un index et d’une abondante bibliographie, Rouge sang est constitué d’un ensemble de textes tirés de divers auteurs de l’Antiquité grecque et romaine, que les historiennes Lydie Bodiou et Véronique Mehl ont réunis et présentés dans un ouvrage introduit par un long entretien avec l’anthropologue Françoise Héritier, successeur de Claude Lévi-Strauss au Collège de France, et titulaire de la chaire d’« étude comparée des sociétés africaines ». Dans ses travaux, Héritier s’est beaucoup appuyée sur Aristote, qui a apporté des éclairages décisifs sur la « valence différe...

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