Sur le même sujet

A lire aussi

Livres des mêmes auteurs

« Le monde fonce vers un indescriptible chaos »

Article publié dans le n°1165 (16 janv. 2017) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

« Le monde n’est pas bien rangé, c’est un foutoir. Je n’essaie pas de le mettre en ordre. » La citation de Garry Winogrand mise en épigraphe du dernier roman de Yasmina Reza en éclaire bien le projet d’écriture. Héritier de l’épopée, qui véhiculait les valeurs de la cité et donnait ordre et cohérence au monde, le roman – sauf dans sa veine picaresque – a longtemps été soutenu par l’ambition d’éclairer l’existence. Le jeune Flaubert affirmait ainsi : « Écrire, c’est s’emparer du monde. » Dans une société éclatée du fait des nouvelles technologies et en déshérence des « grands récits » unificateurs, l’esthétique postmoderne fait à l’inverse le constat d’un monde morcelé où l’individu est renvoyé à sa solitude.

Babylone de Yasmina Reza, qui a obtenu récemment le prix Renaudot, se construit d’abord comme un roman aux entrées multiples, un puzzle de micro-histoires individuelles sans intrigue centrale. Autour de la voix narratrice, celle d’Élizabeth, gravitent tous ceux qui peuplent son existence. Ils en emplissent le vide par des propos et des expériences tous également insignifiants, dont la soirée que narre le premier tiers du livre offre un condensé désolant ; sans cesse la conversation retombe « dans le trou béant d’où elle avait surgi ». 


Yasmina Reza excelle à cam...

La lecture des articles est réservée à la souscription d‘un abonnement spécifique
La lecture de cet article est soumise à la souscription d'un abonnement. Si vous possédez un abonnement, merci de vous connecter ci-dessous. Si vous souhaitez vous abonner, nous vous remercions d'utiliser un ordinateur plutôt qu'un téléphone ou une tablette

Vous êtes abonné(e)

Identifiez vous

Pas encore abonné(e) ?

Abonnez vous

Choisissez votre formule d'abonnement et accédez à La Quinzaine

Vous aimerez aussi