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"Le léopard meurt avec ses taches"

Article publié dans le n°1041 (01 juil. 2011) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

 Dans le court texte (« Prolégomènes à tout cinéma futur », Ion, avril 1952) qui préludait à la reproduction du commentaire de son premier film Hurlements en faveur de Sade, Guy Debord n’hésitait pas à frapper fort d’emblée : « Mon film restera parmi les plus importants dans l’histoire de l’hypostase réductionnelle du cinéma par une désorganisation terroriste du discrépant. » On classerait ces lignes dans la catégorie « Jargon & Amphigouri » propre à la prose lettriste du moment (Isidore Isou venait de signer son Traité de bave et d’éternité), si Debord ne terminait son texte sur une formule qui annonçait bien des développements – « Les arts futurs seront des bouleversements de situations ou rien ». Que son premier texte publié concerne le cinéma n’est pas innocent : durant les quarante-deux années suivantes, celui-ci constitua pour lui une tentation continue.
Fabien Danesi
Le cinéma de Guy Debord (1952-1994) ou la négativité à l'oeuvre

Tentation continue, mais bien peu assouvie : entre le Hurlements… inaugural et le téléfilm Guy Debord, son art et son temps, dont il ne fut que le scénariste (quoique le terme convienne peu ici) et que réalisa Brigitte Cornand en 1994 – il fut programmé par Canal+ quelques semaines après son suicide du 30 novembre 1994 –, Debord n’a tourné que trois courts métrages et deux longs. Moins de quatre heures de pellicule en quatre décennies, l’œuvre est courte (1) et fut longtemps inaccessible : il fallut, par exemple, attendre octobre 1983 et l’achat par Gérard Lebovici, son...

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