La révolution sociale fille de la révolution esthétique

Dans le parcours philosophique de Rancière, au-delà du corpus des œuvres philosophiques reconnues comme telles ou des œuvres traitant de la littérature ou des arts, il est quelques rencontres singulières et décisives. Qui ne connaît désormais Joseph Jacotot dont Jacques Rancière s’est ressaisi de la théorie de l’émancipation intellectuelle et à partir duquel il actualise sur le terrain de l’intelligence les enjeux d’égalité qui ont constamment préoccupé son œuvre ? Mais les plus récents lecteurs de Rancière se souviennent peut-être moins de Louis-Gabriel Gauny dont il a exhumé les archives dans le livre éponyme sous-titré : le philosophe plébéien et qui apparaît à une place décisive de la Nuit des prolétaires et dans les réflexions du philosophe sur ce qu’est l’expérience ouvrière au XIXe siècle et sur les paradoxes de l’identité militante.

C’est, si l’on en croit la référence explicite de Rancière à la Nuit des prolétaires dans son dernier livre, de cet ouvrier parqueteur qu’il faut peut-être partir pour saisir un fil de ce livre aux multiples facettes, aux multiples pistes, aux multiples thèmes qu’est Aisthesis. Aisthesis, en effet, réitère dans un registre tout autre que l’histoire ouvrière une tension explicitement repérée par Rancière entre le suspens esthétique et l’action rationnelle. De diverses manières dans ce livre, une pensée sur le peuple effleure dans les rappels des deux révolutions, l’une e...

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