« La poésie joue son jeu »

Dans le texte qu'il a pris soin de rédiger lui-même pour le bulletin de souscriptionà la précieuse édition, illustrée de lithographies par André Masson, de son Glossaire j'y serremes gloses, publiée en 1939 par Daniel-Henry Kahnweiler, Michel Leiris précise ses ambitions et la règle du jeu qu'il joue avec les mots : « Entre ses planches utilitaires et ses cintres religieux, pour empuantie que soit la scène, le monde ne saurait devenir si fermé qu'il n'y reste un peu de place pour le jeu. [...] Laisser les mots s'animer, se dénuder et nous montrer par chance,le temps d'un éclair osseux de dès, quelques-unes de nos raisons de vivre et de mourir, telle est la convention du jeu. A mi-chemin des sols trop sales et des voûtes trop sublimes, à niveau d'air, entrant dans la peau du rôle, la poésie joue son jeu. »
Michel Leiris
Glossaire J'y serre les gloses suivi de Bagatelles Végétales

Exemples de ces « jeux de mots en forme de définitions de dictionnaire » – qui n’est pas celui de l’Académie – où la poésie prend sa source : 


« Académie – macadam pour les mites.
Amour – vous mord, vous moud, vous cloue, mais vous ouvre âme et corps.
Azur – pur de toute bavure, une embrasure.
Calice – un cilice de pétales.
Chimères, mes chéries.
Clergé – “J’éclaire” à l’envers. »


Ces jeux sur les mots, ce travail sur le langage, l’auront occupé toute sa vie...

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