Interpréter, exécuter, traduire : Umberto Eco

Article publié dans le n°1043 (01 août 2011) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

Tout préparait Umberto Eco à proposer une théorie forte de la traduction. Sa réflexion sur l’interprétation et ses limites, la mise en place d’une sémiotique interprétative depuis "Lector in fabula" (1979) jusqu’à "Interprétation, surinterprétation" (2002) le conduisaient logiquement vers une pensée « littéralisante » de la traduction, tournée vers le texte et non orientée exclusivement du côté du lecteur. Contrairement aux conceptions herméneutiques, la sienne ne présuppose pas qu’un texte ait un sens et un seul ; mais, comme il le précise dans "Les Limites de l’interprétation" (1990), dans la potentialité presque infinie des interprétations, il y a des conjectures approuvées par le texte et d’autres qui ne le sont pas.

La postulation d’un sens littéral au moins est ce sur quoi, en dernière analyse, le lecteur doit se reposer (et sur des facteurs de cohérence textuelle, d’équilibre entre intention d’auteur, intention de l’œuvre et intention du lecteur). Or la lecture de Dire presque la même chose, Expériences de traduction (1), synthèse des travaux de l’auteur sur la traduction conduits au moins depuis le début des années 1990, déçoit. Certes la conception du traduire qui y est développée jusque dans ses dispositions les plus pratiques repose sur une même conception de l’interprétation, mais ce...

La lecture des articles est réservée à la souscription d‘un abonnement spécifique
La lecture de cet article est soumise à la souscription d'un abonnement. Si vous possédez un abonnement, merci de vous connecter ci-dessous. Si vous souhaitez vous abonner, nous vous remercions d'utiliser un ordinateur plutôt qu'un téléphone ou une tablette

Vous êtes abonné(e)

Identifiez vous

Pas encore abonné(e) ?

Abonnez vous

Choisissez votre formule d'abonnement et accédez à La Quinzaine