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Histoire du racisme, philosophie de l’antiracisme

L’arrêté ministériel du 25 mai 2016 s’en est pris directement à ce qui constitue la justification de l’Université comme institution de recherche : le diplôme de doctorat. Il faut désormais compléter la thèse par ce que l’improbable novlangue ministérielle nomme un « portfolio du doctorant », faisant la liste de toutes ses « activités » et « compétences » – on se croirait au collège. Le directeur de thèse est désormais soumis à la surveillance d’un « comité de suivi du doctorant » et ne peut plus participer aux délibérations du jury de la thèse qu’il a dirigée. Ces délibérations seront d’ailleurs réduites à leur plus simple expression puisque les mentions, égalitarisme oblige, sont supprimées. Enfin, la « validation des acquis de l’expérience », dispensant de l’initiation à la recherche qu’est le master, permettra à quelques énarques ou assimilés de se prévaloir du titre, apprécié à l’étranger, de docteur, sans s’être donné la peine de faire une recherche originale. Ce pourrait bien être le coup fatal porté à une recherche universitaire libre et désintéressée. Ce qu’était une vraie et belle thèse risque bientôt de ne plus être qu’un souvenir. C’est pourquoi il faut saluer la publication de deux thèses récemment soutenues, qui sont de parfaits exemples de ce qu’est un vrai travail scientifique, à la fois rigoureux et original, résultat de recherches approfondies menées dans le calme des bibliothèques.
Claude-Olivier Doron
L'homme altéré. Races et dégénérescence (XVIIe-XIXe siècles) (Champ Vallon)
Ulysse Korolitski
Punir le racisme ? Liberté d'expression, démocratie et discours racistes (CNRS)

Ces deux thèses monumentales portent sur deux sujets qui se recoupent en partie, et qui sont d’une actualité brûlante. L’une traite d’un objet historique et épistémologique : l’histoire du racisme. L’autre, d’un objet juridique et politique : les justifications des récentes lois françaises antiracistes. Alors que sur de tels sujets on pouvait s’attendre au pire, incantations et bons sentiments, on découvre de nouvelles questions et de nouvelles manières de penser et de justifier la lutte contre le racisme.


Malgré ses 592 pages, L’Homme altéré n’est que la versi...

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