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Graine de bourreau

On cite souvent cette fulgurance d’Hannah Arendt : « Le mal n’est jamais radical, seul le bien est radical. »  Elle est indissociable de sa théorie de la « banalité du mal ». Le criminel de papier, c’est celui qui a renoncé à penser et se vit comme une courroie de transmission dotée de rationalité instrumentale. Le criminel de papier n’est pas radical comme le Juste, sans concession, tel Nelson Mandela. C’est plutôt un « mister nothing ».  Mais Arendt s’est penchée sur les criminels de bureau. C’est Christopher Browning, dans son célèbre Des hommes ordinaires, qui appliquera cette notion de banalité aux hommes d’exécution, à travers l’étude d’une troupe allemande chargée des liquidations à l’Est. Ceux qui tiennent la machette ou le fusil.
Didier Epelbaum
Des hommes vraiment ordinaires ? Les bourreaux génocidaires
(Stock)

Pour Didier Epelbaum, qui se concentre lui aussi sur ceux qui sont en bout de ligne, on a surenchéri sur ce thème de la banalité du bourreau, au risque de dédouaner les tueurs, ou plutôt de les désingulariser (concept moins moral, plus heuristique), d’en faire les victimes de techniques d’embrigadement et de « circonstances exceptionnelles ». Or, dit Epelbaum, prudent et respectueux des théories qu’il critique, il est essentiel de séparer les victimes des bourreaux, même s’il existe une « zone grise » (exemple de certains kapos ou de Rwandais qui ont à la fois protégé d...

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