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Fenêtre sur Marie Richeux

Au cours d'une émission hebdomadaire sur France Culture intitulée « Pas la peine de crier », qui avait lieu le matin tôt et à présent s'est déplacée vers l'après-midi, Marie Richeux nous joue un petit air acidulé venu de sa cartographie secrète, un texte bref en prose qu'elle appelle « polaroïd » et qui ressemble, c'est certain, à une photographie apte à capter, emprisonner, une image fugitive de la réalité (réelle ? rêvée ?).

« Tu sais, j'ai vu un cerf. Je courais, j'ai vu un cerf. Frissons. Une dense couche de conifères ombrageux, moustachus, secs, faisait de la forêt un orage. Ce matin-là, les arbres étaient percés par des traits, à la règle, tirés du soleil naissant et qui zébraient aussi ses mollets. Il courait depuis le moulin. Courait loin du moulin. Courait pour la joie de courir le matin, faire entrer et sortir le jour sous et par les pores de sa peau. Courait pour suer la musique. Tu sais, je vois un cerf. Il y avait aussi un nuage de brume tressé serré avec les pins, et le ciel venait bas se met...

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