"Entre centre et absence"

Article publié dans le n°1060 (01 mai 2012) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

Le dernier livre d’Alain Veinstein ne se rattache à aucun genre et participe de plusieurs : le récit d’enfance, la confession, le journal de bord, le monologue de théâtre, l’oratorio. Maelström vertigineux de tout cela, tourbillon de souvenirs et d’affects, recherche d’un impossible ici-et-maintenant qui donnerait enfin à l’existant qui se débat la clé d’un départ vers l’avenir sur ses deux jambes, ce ne peut donc être qu’un poème, le long poème de la quête de soi.

L’ensemble conjugue – et résout – des difficultés d’écriture où tout autre que l’auteur achopperait. Comment, si la moindre allusion précise à un passé douloureux de ténèbres et de deuil, de barbelés et d’anéantissement, entraîne le verbe à se rétracter comme tentacule d’anémone, comment, lorsqu’on a été conditionné non à parler mais à se taire, dire quand même l’indicible sans le crier, sans le secours d’aucun vocabulaire « élevé », dans la grisaille du parler le plus quotidien, le plus simple ? L’option d’installer le monologue sur un véritable plateau dont le lecteur, mais aussi l’aut...

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