Du fantôme au spectre : troubles aux origines de la tragédie française

Article publié dans le n°1192 (16 avril 2018) de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

« Who’s there ? » C’est la première réplique échangée entre les sentinelles du château d’Elseneur, dans la pièce « Hamlet » de Shakespeare. La question est adressée peu après au fantôme qui paraît en pleine nuit. Question essentielle au théâtre, dont Peter Brook avait fait le titre de l’un de ses spectacles. Qui est là sur la scène, du personnage, de l’acteur ou de l’auteur ? Plus profondément, quelle présence – historique, culturelle – s’invite dans les ombres du théâtre ?

La tragédie française, dans ses origines, regorge de fantômes. On loue Robert Garnier, grand dramaturge du XVIe siècle, d’avoir su, dans ses tragédies, « ramener ça-haut les ombres de là-bas ». Ces ombres remontées viennent elles-mêmes d’une mémoire plus ancienne : celle de l’Antiquité ressuscitée en ce temps qu’on appelle justement la Renaissance. Ainsi l’ombre d’Égée ouvre la pièce Hippolyte de Garnier pour annoncer les désordres familiaux et l’affliction qui frappera son fils Thésée en la personne d’Hippolyte et de sa femme Phèdre. Chez Jodelle, dans sa tr...

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