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Avec deux écrivains mexicains

Sergio González Rodríguez, journaliste et écrivain, a consacré un livre profus – Des os dans le désert (1) – à l’un des faits divers les plus atroces et les plus mystérieux de ces dix dernières années : les meurtres et disparitions d’un grand nombre de femmes autour de la ville de Juárez et sur l’impunité dont semblent jouir ceux qui les perpètrent. Loin d’une simple enquête journalistique, son récit entreprend des questions majeures pour notre époque, interrogeant à la fois la situation politique et économique de son pays et les dimensions esthétiques et intellectuelles que son travail définit peu à peu. La quête de vérité et de nomination que ce livre engage, telle une fouille obstinée d’un terrain, se prolonge dans L’Homme sans tête (2), manière de précis politique entremêlé de confidences autobiographiques qui explore le développement d’une certaine ritualisation de la violence par les groupes de narcotrafiquants qui infectent le Mexique. Guillermo Fadanelli anime Moho, une revue inclassable et écrit depuis une vingtaine d’années des romans dans lesquels se fait jour un goût certain pour l’iconoclaste – Éduquer les taupes, L’Autre Visage de Rock Hudson ou Boue. À la fois profondément drôles et extraordinairement savants, ses romans établissent un univers étrange où s’entrecroisent la philosophie et la culture populaire, les éléments les plus élevés et les plus prosaïques, où se joue une sorte de comédie pessimiste parfaitement réjouissante. À l’occasion du Festival America nous avons pu rencontrer ces deux écrivains qui, chacun à leur manière, interrogent la nature et l’état de leur pays, contrevenant aux codes établis, les débordant, s’interrogeant avec profondeur sur les rapports qu’ils entretiennent avec la langue, la réalité et une violence omniprésente.

Hugo Pradelle À vous lire, nous comprenons que s’établissent des articulations complexes entre les institutions politiques, les médias et les réseaux criminels, et qu’elles induisent une stratégie spécifique et vous imposent une position particulière.


Sergio González Rodríguez – Nous traversons une période très grave au Mexique. Les journalistes disparaissent ou sont pris pour cibles par les réseaux de délinquants. Ces dix dernières années, plus de soixante d’entre eux ont été tués. Dans le mêm...

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