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Au pays du goulag

S’il est un voyage qu’un lecteur de Varlam Chalamov ou d’Evguénia Guinzbourg est tenté d’accomplir, c’est bien celui qui mène à la Kolyma, le pays du goulag stalinien qui a englouti deux millions de victimes sur vingt millions de déportés, en vingt ans. Retourner là-bas, voir ce qui demeure de cet enfer blanc, essayer de comprendre les mécanismes qui étaient à l’œuvre, découvrir une réalité autrement que par les archives et les témoignages. Notre manie mémorielle nous y pousse, et deux livres récents nous y entraînent.
Jacek Hugo-Bader
Journal de la Kolyma (Noir sur Blanc)
Nicolas Werth
La Route de la Kolyma (Belin)

Première surprise : le « chatoune ». À la Kolyma, on chasse l’ours blanc. Parfois, ces nounours cruels parviennent à briser les collets qui les enchaînent et se jettent sur le chasseur, ils le dévorent. Ils deviennent des chatounes, des ours mangeurs d’hommes. Ils vagabondent dans les vastes étendues de la taïga gelée. Il ne fait pas bon les rencontrer, explique Iouri, le chauffeur du camion-citerne qui emmène Jacek Hugo-Bader à travers les monts de Verkhoänsk, vers le kilomètre 1 459 de la Route de la Kolyma. C’est toujours une région hostile. Isolée par...

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