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Amours capitalistes

Les sciences sociales savent parler d’amour. Dès la fin des années 1960, la littérature féministe s’est emparée du sentiment amoureux pour critiquer le patriarcat qui le nourrit et qu’il renforce (1) ; les historiens en ont ensuite écrit la généalogie, notamment dans ses déclinaisons romantique ou victorienne, afin d’éclairer la manière dont leurs rémanences continuent à façonner nos ressentis ; plus récemment, certains auteurs ont choisi de le lire comme l’une des marques les plus signifiantes du moment actuel, qualifié de moderne ou libéral, et comme la preuve d’une reconfiguration des relations aux autres et à soi. Refusant d’enchanter les relations amoureuses comme une parenthèse extérieure au monde, tous ont cherché à dévoiler le social derrière l’affect, révélant ce que l’amour dissimule ou oblitère : une structure, une histoire ou un contexte.
Eva Illouz
Pourquoi l'amour fait mal. L'expérience amoureuse dans la modernité

Nourrie de ces apports antérieurs, Eva Illouz développe depuis la fin des années 1990 une réflexion originale sur l’articulation entre amour et capitalisme. Son dernier ouvrage illustre avec brio l’apport spécifique du regard sociologique sur l’intime. Certes, la psychologie et la biologie préemptent aujourd’hui l’interprétation du sensible ; mais loin d’une preuve de la légitimité supérieure de leur propos, ou de la naturalité des frontières disciplinaires, il faut y voir un signe supplémentaire du régime actuel dans lequel s’enchâssent les discours sur l’amour. Or c’est précisémen...

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