Isabelle Lévesque

Mémoires à la mer

Jacques Josse signe la dix-septième « lettre ouverte » de cette collection de l’éditeur stéphanois Le Réalgar (dont le nom est tiré d’un vers de François Villon). Il s’adresse à son grand-père, mor...

Sous le masque du Gilles. Entretien avec Jean-Luc Despax

Isabelle Lévesque : Après Rousseau dort tranquille (L’Herbe qui tremble, 2017), recueil de poèmes accompagnés de dessins de Denis Pouppeville, voici que vous publiez un grand livre où c’est vous qu...

La voie du rêve

De la maison, on descend vers le jardin en passant par la véranda, ce lieu intermédiaire.  Dans cet entre-deux rêvé flotte l’ombre de la disparue. Ce mot lui-même, « véranda », d’origine exotique (...

Torche dans la caverne

Crocus nous présente donc Paula Rego[1] et Toni Grand, nés en 1935, puis Robert Creeley, mort en 2005 comme Toni Grand. Le poète américain, mort à Odessa (Texas...

Au pays de Tendre

C’est très naturellement qu’apparaît le mot « prairie » chez ce spécialiste d’Élisée Reclus. Comme il s’agit ici de poésie, la Carte de Tendre ou l’Astrée nous apparaissent simultanément. Dans le d...

De Lou à Gui

Dans ses Souvenirs sur Apollinaire (écrits en 1944), opportunément réédités en collection de poche, Louise Faure-Favier a intitulé un chapitre : « Apollinaire et les femmes ou le chapitre impossibl...

Le poète artilleur

Belles éditions, études, inédits, correspondances, fac-similés, lectures, spectacles… Sans cesse les poèmes de notre « contemporain capital », Guillaume Apollinaire, nous rejoignent. Pierre Caizer...

Mettre au jour

Le titre du livre définit l’espace de la gestation, abri temporaire et nourricier pour l’enfant, mais aussi pour le poème. Dès le seuil, on oscille :  J’empoigne ta lumière,mesurel’espace –les pou...

Rêve et mémoire

Ce volume relié s’ouvre sur des pages au blanc pur à l’allure de carnet à dessins. Voici, alternés, 37 aquarelles (dont 6 en double page) et autant de poèmes. C’est une correspondance, au sens post...

États de la beauté

Devant les « dessins déchirés », paysages ébauchés, gribouillés, de Guy Calamusa, James Sacré s’interroge : que faire de ces traces ? Son poème doit-il devenir une « corbeille à papier » ? Ces dess...

L’eau vive

Treize rectangles inégaux de prose sans point, même à la fin, sans majuscule au début. Nous sommes pris dans un continuum de temps flottant vers sa dispersion. Sur la première page, pas de chrysan...

Un poète nommé Cheval

Julien Bosc (1964-2018) était ethnographe, spécialiste de la sculpture lobi[1] du Burkina Faso, et fut responsable de l’aménagement de l’espace du musée du Quai...

La flèche empoisonnée

Quelque chose s’est passé : a sidéré. Suffisamment pour que la ligne change de direction. On pourrait entendre la course changée d’une météorite (mais par quelle force « géante » ?), le langage ast...

Aile perdue

Même et autre : un nom peut s’associer à un pronom personnel accentué pour devenir une sorte d’injonction originale, à la forme enfantine, qui s’ouvre et se ferme sur le même groupe vocalique. Ce «...

Le voyage intérieur

Ce que souligne le poète, c’est l’inadéquation entre ce que l’on perçoit et ce que l’on ressent ; le paysage n’est pas nécessairement le reflet de l’âme :  Il fait beauEt le cœur plein d’épinglesA...

Icare au piano

Quarante poèmes de dix-huit vers (dix-neuf pour le premier). Mais ce jardin à la française est plutôt un jardin ouvrier[1]. On connaît le goût de Jean-Louis Ram...

Fleurs pour personne

Le livre assemble trois suites de poèmes composés en vers libres, mais aussi, pour certains, en vers mesurés et rimés. Le poème du jour naissant s’ouvre sur le ciel, pas le vaste et terrible de la...

Pour quitter la nuit

La prière d’insérer nous prévient que « C’est toute une histoire / Qui ne s’écrira pas », alors que le titre semble annoncer le script d’une scène de cinéma. Les premiers fragments, des vers ellipt...

L'arbre et le fruit

D’abord, on se confronte à l’énigme de ce titre à l’allure symétrique et ordonnée. On s’interroge : le mot répété est-il le même ? Le second serait-il un adjectif ? Un nom propre ? La reprise de ce...

Frère et sœur

C’est l’histoire d’un frère et d’une sœur. Le texte les désigne de cette manière : le lien familial prend le pas sur tout autre. L’idée de fratrie, toujours présente dans l’œuvre d’Eugène Savitzkay...

Le peintre et le paysan

Nous abordons le livre par la Vue du pont de Mantes, de Corot. Tout est calme, rien ne heurte les formes encore assoupies du paysage. Cette tranquille apparence, la silhouette de l’homme en barque ...

Du côté des vivants

Le livre se compose de quatre suites d’inventaires thématiques, précédées de fragments datés de juillet et suivies d’autres notes d’octobre. Commencer l’inventaire éloigne-t-il de vivre ? C’est d’a...

La chambre obscure du poème

Dans un quatrain liminaire, le poète avance sa contrainte d’écriture :  Chaque matin, depuis le 29 août 2013,chaque matin je tente de disposer un distique de peu.Passent les heures et il s’efface....

Réparer la parole

Un narrateur propose de nous raconter l’histoire de « L’ŒIL », qu’on peut lire comme celle de « LA PAROLE ». Nous abordons cette nouvelle Genèse comme une épopée non linéaire située plus près de la...

Invitation à la métamorphose

Les dessins et peintures de Diane de Bournazel suscitent un monde onirique qui peut rappeler l’art rupestre et celui des Amérindiens ou des Inuits. Quelque chose de magique ou de chamanique, parfoi...

Face aux vents

Le mot « comme » du titre indique les différentes lignes du livre : adverbe de manière annonçant un discours sur la façon dont « résonne la vie » ; ou adverbe de quantité portant une nuance exclama...

Poètes et fantômes

Le même mythe raconte qu’Orphée fut déchiqueté par les jalouses Ménades et que sa tête, roulant dans le fleuve Euros, chantait encore le nom d’Eurydice. Les voix qui nous hantent sont-elles si for...

Vers l’invisible

Après un passage par le récit et la prose poétique[1], les vers s’imposent le plus souvent dans ce nouvel ouvrage de Jean-Pierre Chambon. Le dessin de couvertur...

Poursuivre

Sans déterminant mais qualifié deux fois, coup sur coup, le nom bref est précisé par les deux adjectifs plus longs (une syllabe, puis deux, puis trois). Vision d’une sérénité gagnée ou évocation in...

Choses et mots

ÉTIENNE FAUREÉcrits cellulairesLe Phare du Cousseix, 2017, 16 p., 7 €  Écrits cellulaires se présente sous forme de vers libres réunis en courtes strophes de deux à cinq vers. Les épigraphes de Ve...

Aventures

Le dialogue avec Jean-Baptiste Para qui clôt le livre permet d’envisager plus clairement les intentions d’Hélène Sanguinetti dans Domaine des englués comme dans ses livres précédents. Sur le terrai...

Indispensable Georges Perros. Entretien avec Thierry Gillybœuf

Isabelle Lévesque : Thierry Gillybœuf, nous vous connaissons bien pour vos traductions de l’anglais et de l’italien. Vous venez d’ailleurs de publier chez Arfuyen un recueil de maximes et d’aphoris...

La poésie a mauvais genre

Jean-Michel Maulpoix a intitulé son essai sur la poésie contemporaine : La poésie a mauvais genre[1]. Est-ce pour cela que, dans nombre de librairies, le rayon ...

Chroniques singulières

On peut lire ce singulier de la poésie d’une traite, ou bien s’arrêter aux mots coupés (vers oblige), qui nous font sauter d’une ligne à l’autre, cherchant à enchaîner des mots accidentés, tête tra...

Naissance du poème

Le bleu, s’il entre dans la composition légère d’une toile ou d’un poème, fait naître la lumière. Le gris et le noir font peser cette couleur. Des mots du lexique maritime naissent les poèmes de l...

Aux ombres aimées

Le participe passé passif, « enchaînés », devenu adjectif, ne concerne pas les étoiles : libres, elles ne retiennent pas ceux qui sont liés. Ce chœur difficilement atteignable peut bien s’éveiller ...

Sans retour

Dans ses Chants orphiques[1], Dino Campana, poète cher à Irène Gayraud, racontait : « Il y a un miroir devant moi et l’horloge bat : la lumière arrive des porti...

Un chant orphique

Pour atteindre le poème qui commence et finit sur les rabats de la feuille de couverture, il faut déplier le leporello paru aux éditions Littérature mineure, qui publient des textes rares ou inédit...

Apprendre à voir

Avec une majuscule comme un nom propre, même si on le rencontre aussi comme simple pronom de reprise, qui est ce « Il » ? On peut le lire comme le « je » de l’auteur, mis à distance, mais il compre...

Avant le désastre

L’épigraphe est empruntée à la tragédie de Shakespeare la plus sanglante, Titus Andronicus : on s’y massacre, mutile, brûle, et même dévore en famille. C’est la fin d’un empire, d’un monde. Devant ...

Naissance du poème

L’Enclos du vent, par sa paradoxale assise, offre la surprise d’un complément du nom qui dément la clôture : le vent transporte, il éloigne, il ignore les frontières. La liberté, il l’exerce sans c...

Ève, le livre

Dans le trouble, le titre. Au féminin, qui est mort ? Chaîne rompue. On peut entendre le début de L’Étranger : « Aujourd’hui, maman est morte. » Un passé composé, le fil est coupé. Dans le labyrint...

L’été sans fin

Avec les deux épais volumes d’Été, publiés en 2005 et en 2010, Bernard Chambaz avait composé une sorte de monumental « Tombeau de Martin » avec mille et un poèmes organisés en dix chants (cinq par ...

Les lois de l’hospitalité

Ceux du lointain, on les nomme « migrants » pour ne rien savoir d’eux, d’où ils viennent ni pourquoi. Ils disparaissent de notre vue : « Pauvres gens à qui nous enlevons mêmela petitesse d’un pré-...

Nos vies inabouties

Le titre du livre, Sommes nous, sixième ouvrage de Sofia Queiros, s’écrit sans trait d’union : pas une question, l’intégrité du verbe, le poids du pronom. La voix cherche son identité, « je » agit ...

Vers l’inatteignable

En octobre 1996, l’auteur du Journal d’un manœuvre (Gallimard, 1990) et de Lettres à la bien-aimée (Gallimard, 1995) entre volontairement, pour deux mois, à l’hôpital psychiatrique de Cadillac, prè...

Écrire dans la déchirure

Le titre du livre, S’effondrer sans, semble incomplet, sa préposition n’étant suivie d’aucun mot. De quel côté irait ce mot manquant ? Quel appui pour arrêter la chute ? Une peinture de Daphné Bit...

Le fil fragile

Le fil de la couverture, présent sur tous les livres de ces éditions, convient particulièrement à Va. Le titre à l’impératif est-il injonction ou acceptation ? Début d’un conte ou d’une genèse : «...

« Le poème est solitaire »

Comme le montre Daniel Heller-Roazen, la fonction des poèmes les plus anciens était certainement sacrée, langue secrète de castes sacerdotales ou prières, langue des dieux. Mais ces « langues obscu...

Poétique de la douleur

« Mélancolie ». Ce joli mot d’un temps défait se prolonge en quatre syllabes. Deux consonnes liquides encadrent une occlusive, seul son qui accroche au centre et offre une résistance à la mélodie d...